Le clocher de Mériadec, vu de la voie verte – Photos : ©JY.LP « La Gazette »

Heureuse surprise, la voie verte de Plescop à Ste Anne d’Auray est pleine de charme et m’a donné beaucoup de plaisirs, un vrai dépaysement… mais il y a une ombre au tableau.

« La Gazette »

Un vrai dépaysement sur le parcours du mardi

J’entendais récemment sur une radio locale que la limitation des voyages à l’étranger avait eu pour effet de faire découvrir à de nombreux français les richesses touristiques de notre beau pays, l’un des plus visité au monde. Dimanche dernier il m’est arrivé un peu la même chose, toutes proportions gardées par ailleurs.
En effet, contraint pour des raisons médicales, que j’espère temporaires, de lever le pied et de me limiter à des promenades vélotouristiques, j’ai fait une heureuse découverte en prenant le chemin des écoliers pour rallier Sainte Anne d’Auray à partir de Plescop, itinéraire archi connu des dizaines de cyclos de l’arrondissement qui ont l’habitude depuis des années maintenant, tous les mardis matins de faire la boucle de 53,73 km.
A la sortie de Sainte Anne et à la sortie de Mériadec j’avais remarqué, sans y prêter trop d’attention, des voies en cendré qualifiées de « Voies vertes ». Libéré des exigences des séances d’entrainement, je me suis décidé à emprunter cette voie conçue pour les vélos. Heureuse surprise, la voie reliant Plescop à Ste Anne d’Auray est pleine de charme et m’a donné beaucoup de plaisirs, un vrai dépaysement. Comment se sentir dépaysé dans une campagne que l’on sillonne plusieurs fois par semaine depuis des années ?
La voie est assez large et suffisamment pour se croiser sans danger. Le revêtement évoque les pistes d’atlétisme en cendré, il est de très bon confort. La voie suit très souvent les limites des champs et bosquets aux virages nombreux et parfois un peu rudes. Les zones humides sont bien préservées puisqu’un cheminement de traverses de bois surélevé permet de les franchir sans dégât. Dans certaines zones les traverses sont dotées de petites lames métalliques perforées pour améliorer l’adhérence par temps humide ou lorsqu’il y a des gelées matinales comme dimanche dernier. L’ensemble du parcours est relativement plat, sauf avant Mériadec du côté du Moulin de l’Evêque où il faut franchir la vallée du Sal sur ce qui ressemble à un viaduc en miniature. A la sortie il faut attaquer une belle bosse avec des virages en épingle conduisant à un promontoire d’où l’on aperçoit le clocher de Mériadec percer un bosquet verdoyant.
Rouler sur des routes, c’est emprunter un aménagement tracé au cordeau où tout est conçu et aménagé pour voitures et camions et où les vélos sont des intrus gênants. A l’inverse, les voies vertes révèlent le soucis du respect de la nature, la volonté d’en épouser les contours et de sécuriser les déplacements de piétons et cyclistes. Le résultat est là. Le cheminement est agréable, on y découvre des paysages offrant une vision différente de celle de la route. On y rencontre du monde, des marcheurs, peut-être pèlerins, des coureurs à pieds, assez nombreux ce dimanche matin, des cyclistes, pas mal de VTT, mais aussi quelques gravels. On se rencontre, on se salut et on échange facilement.
Attention, ce n’est pas un terrain adéquate pour travailler au seuil en préparation d’une cyclosportive ou même d’une sortie du dimanche avec les cyclos de Saint Avé. C’est un truc qu’il faut faire, pour se balader, pour se détendre, seul ou en famille, pour le plaisir de rouler le nez au vent, très proche de la nature, sans pour autant être confronté à elle, comme en VTT par exemple.

Il y a une ombre au tableau

Pour être complet et ne rien cacher, il y a une ombre au tableau et elle n’est pas négligeable. Ce sont les multiples et bien trop nombreuses chicanes qui jonchent le parcours. Elles obligent presque toutes à mettre pieds à terre et cassent le plaisir de la balade. Comble de la chose, elles rendent impossible l’accès à des vélos munis d’une remorque pour promener les jeunes enfants. Ne parlons pas des vélos cargos en plein développement, des tandems trop longs pour s’y faufiler ou des touristes cyclos-campeurs allemands ou holandais qui seront surpris cet été de ne pouvoir accéder à ces sites dédiés car leurs vélos sont équipés de sacoches latérales .

Inacceptables, il faut faire quelque chose ! C’est gâcher un très bel et couteux investissement pour cyclistes. De façon sauvage, de plus en plus de barrières sont naturellement contournées par le côté. (Photo ci-contre)

Ces chicanes, c’est un peu comme si pour se rendre de Vannes à Lorient les automobilistes étaient obligés tous les 3 ou 4 km de s’arrêter, de faire un créneau, descendre de leur voiture, en faire le tour avant continuer son chemin. Inconcevable n’est-ce pas ?
Si pour des raisons de sécurité ou pour empêcher l’intrusion de voitures ces chicanes apparaissent indispensables aux concepteurs, par pitié laisser un plus large espace entre les deux barrières pour ne pas être obligé de mettre pieds à terre et ainsi enlever tout notre plaisir, voire nous dissuader de les emprunter.

JY.LP

Stop : pieds à terre ! – Photo ©JY.LP « La Gazette »
1 Response
  1. Jocelyne LE BOULICAUT

    Entièrement d’accord. Il y a d’autres façons de ralentir les fous de vitesse. À Oléron j’ai fait 158 km sans être gênée par les chicanes. Il faut aller voir ce que les autres pays ont mis en place. Et puis peut être prévoir une meilleure signalisation, là encore un plaisir à Oléron. Galère ici. Merci de votre post.

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