L’ULTRA-CYCLISME : vitesse, légèreté, autonomie, voyage, exploration, aventure…

L’ULTRA-CYCLISME : vitesse, légèreté, autonomie, voyage, exploration, aventure…

Tous les plus hauts sommets du monde ont été vaincus à ce jour. Alors la nouvelle génération d’alpinistes et de grimpeurs se lance dans des ascensions de vitesse ou encore effectue des enchaînements ultra-rapides à l’image du népalais Nirmal PORJA qui, cette année a enchaîné 18 glaciers de plus de 8000 mètres en sept mois, ou encore le Suisse Ueli STECK, équipé seulement de chaussures à crampons et de deux piolets, il a enchaîné en 2015 et en 62 jours, les 82 sommets des Alpes de plus de 4000 m. Il décédera lors d’une ascension dans l’Himalaya en 2017.
“Fast and light”, rapide et léger c’est ce qui le caractérisait.
En la matière on ne parle pas d’ultra alpinisme, alors que s’inspirant des mêmes principes on voit aujourd’hui se développer des pratiques cyclistes qualifiées d’ultra cyclisme.
L’ultra cyclisme s’est résumé dans un premier temps à des épreuves de longue distance.
La pratique de la longue distance n’est pourtant pas tout à fait nouvelle, puisque une des courses les plus connues a été créée en 1928 sur une distance de 6 920 km, sans aucun support. Il s’agissait à l’époque de faire la promotion de la Route 66 qui rejoint la côte ouest des États-Unis à la côte Est, à travers 10 Etats. Nous parlons de « La Transaméricaine ».
Sur un autre continent et sur une distance encore plus longue est organisée « La Transsibérrienne ». Longue de 9 195 kilomètres entre Moscou et Vladivostok elle se coure en 14 étapes et doit être réalisée en moins de 25 jours.
Encore plus près de chez nous « La Transcontinentale Race », créée en 2013, elle traverse l’Europe du nord au sud, sur des distances de 3 000 à 4 000 km en autonomie complète.
L’édition 2019 a été gagnée par une femme, l’allemande Fonia KOLBINGER, première femme à gagner cette épreuve mixte devant 263 autres cyclistes dont 200 hommes.
Le mois dernier, Patrick, un copain du club m’a siganlé la victoire d’un Français Brice BENAT lors de la dernière étape, à Taïwan, de la série 2019 du « BIKINGMAN » qui aspire à devenir le championnat du monde de l’ultra-cyclisme d’exploration.
L’organisateur de ces épreuves est un Français, originaire de Chartres, Axel CARION, un aventurier spécialiste du cyclisme d’ultra-distance qu’il pratique en “Bikepacking”.
Le bikepacking s’inspire de l’alpinisme de vitesse. Il s’agit d’être avec sa monture le plus léger possible, mais suffisamment équipé pour voyager en toute autonomie lors de longues chevauchées. On sait l’importance du poids comme variable de performance. On estime que la différence de poids entre une randonneuse traditionnelle et une monture en “bikepacking” est en moyenne de 60%.
Les vélos utilisés étaient à l’origine en majorité des VTT, mais ils sont aujourd’hui détrônés par les gravels. (Voir “La Gazette Insoumise” du 17 mars 2019.)
Pour alléger au maximum la monture, c’est le vélo lui-même qui devient le porte-bagage.
La bagagerie est fixée directement sur le vélo à l’aide de bande velcro. La selle, le cadre, le cintre et la fourche sont les principaux points d’accroche.
“BIKINGMAN” organise chaque année, six courses à travers le monde et cela dans des lieux remarquables mais qui, outre les capacités cyclistes pures, nécessitent d’avoir des qualités d’orientation et des facultés d’adaptation à toutes sortes de situations. Des aventures modernes en quelque sorte.
Les six courses 2019 se sont déroulées :
– à Oman sur 1 060 km et 8 700 mètres de dénivelé,
– en Corse sur 850 km et 15 000 mètres de dénivelé,
– au Laos sur 920 km et 17 000 mètres de dénivelé,
– au Pérou sur 1 600 km et 38 000 mètres de dénivelé,
– au Portugal sur 950 km 12 000 mètres de dénivelé,
– à Taïwan sur 1 150 km 18 000 mètres de dénivelé.
Cela revient à réaliser un Paris-Brest Paris tous les deux mois durant un an. C’est un Péruvien Rodney SONNCO qui remporte cette année le classement général devant un Belge, Guillaume CHAUMONT.
Au delà de l’aspect purement sportif, les témoignages de participants montrent que ces épreuves permettent de vivre de riches expériences et de véritables aventures humaines.
JY.LP

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