Un vélo de route à boite automatique ! ?…

J’ai rêvé d’un vélo de route à boite automatique

Dans ma dernière chronique je me suis pris à imaginer ce que seraient les Cyclos de Saint Avé dans un millénaire. Nos descendants rouleront-ils à vélo ? Difficile de répondre.
Il est toutefois à parier que l’on utilisera encore notre force musculaire, nous sommes conçus pour bouger. Mais que seront devenus nos vélos dans mille ans ?
Les côtes n’auront pas disparues et sauf à imaginer des routes à assistance électromagnétique comme « La Gazette » les avait imaginées le 1 er avril 2016, les vélos devraient être équipés de développements modulables pour s’adapter au relief et à la force de chacun. Dit dans le langage d’aujourd’hui il s’agit de « dérailleurs automatiques ».
Dérailleurs, cela ne sonne pas très bien et si demain, dans 2, 5 ou 10 ans nous étions équipés de « boites automatiques ».

Les rêves ne coûtent pas cher, aussi en cette veille de Noël j’ai imaginé un dérailleur… je veux dire une boite, ou un moyeu, ou un pédalier automatique qui changerait de vitesse tout seul en fonction du contexte et sans à-coup car dans les pelotons vieillissants on aime pas les à-coups.
A partir d’une recherche je me suis rendu compte que nous n’y sommes pas très loin, grâce notamment, au développement du vélo électrique… un jeune homme plein d’avenir ce vélo !

« Fallbrook Technologies », une entreprise américaine basée au Texas, a mis au point un changement de vitesse intégré dans le moyeu, le « NuVinci Harmony N 380 ». Il s’agit d’une transmission à variation continue du développement mue par un système original. Il évite d’avoir à changer de vitesse, donne la bonne cadence et permet un effort équilibré en toutes situations.
Le principe est le suivant : « La transmission se fait grâce à un ensemble de billes mobiles en rotation et inclinaison de leur axe. Ces billes sont positionnées entre deux disques dédiés l’un à l’entrée et l’autre à la sortie de la transmission. La variation du rapport de réduction est provoquée par l’inclinaison du point de contact entre les billes et les disques ». Voir les schémas de fonctionnement.
Le système n’est pas sans rappeler les variateurs que l’on trouve sur les scooters actuels, ou que l’on trouvait sur nos épiques Mobylettes des années 60.
Il se révèle très efficace sur les VAE (Vélo à Assistance Electrique). Il a déjà été amélioré et le sera encore.
En effet cette technologie intéresse également le monde de l’automobile, il pourrait trouver sa place dans les futurs et très proches véhicules électriques.
Shimano développe un système automatisé proche, le « Nexus Di2 » (Voir la vidéo) ainsi que l’« Alfine Di2 » qui gère automatiquement les changements de vitesse à l’aide d’un mini-ordinateur programmable selon les attentes de chacun.
Longtemps limités à 2 ou 3 vitesses (Sturmey Arches) on trouve aujourd’hui des moyeux à vitesses intégrées de11 vitesses (Shimano) ou 14 vitesses, (le Rohloff) offrant ainsi des développements équivalents aux dérailleurs classiques et qui permettent de sortir de la ville et de s’ouvrir à la route et à la randonnée. « Sram » développe également ce concept qui peut être couplé à un dérailleur classique.

Des adaptations et des améliorations devront être apportées si l’on veut équiper les vélos de route et rivaliser avec les dérailleurs classiques, mais la nécessaire transition énergétique aujourd’hui engagée va booster les unités de « Recherche & Développement » en la matière et il y a fort à parier que ces recherches finiront un jour par impacter nos bons vieux vélos de route.
Après les feux de freins automatiques, un autre rêve deviendra alors réalité.

PS : Grâce au numérique on dispose aujourd’hui même d’un nombre impressionnant de données numérisées qui permettraient de gérer une boite automatique.
Garmin et ses concurrents intègrent les données suivantes : l’âge, le poids, le rythme cardiaque, le nombre de tours de pédales, la dimension des roues, la pente de la route, la direction du vent, la température, la puissance développée via un capteur de puissance, la vitesse de déplacement, les calories dépensées, la VO2 max… La plupart des vélos sont équipés de batteries intégrées pour leurs dérailleurs électriques. Ces batteries suffiraient à faire fonctionner un micro processeur de gestion de la boite de vitesses.
Il suffirait alors à partir de ces données et des connaissances que l’on a aujourd’hui sur la physiologie de l’effort d’élaborer des algorithmes de gestion optimale de la boite de vitesses.
Vivement demain… en attendant il nous reste le bon vieux levier de vitesses.

JY.LP

Laissez un commentaire